• Germaine Cambon, la toute première.

    Germaine Cambon

    (1847 - 1877)

     

    La première sourde-aveugle accueillie à Larnay est Germaine Cambon. Louis Arnould écrit qu’elle est « née en 1847. Trouvée en 1848 à l’hospice de Périgueux à l’âge d’environ dix mois. - Sourde-muette de naissance, devenue aveugle à 12 ans. Entrée à Notre-Dame de  Larnay le 1er octobre 1860. »

    L’abbé Guillet officiait lors de la première communion de Germaine Cambon et se souvient: "Au nombre des premières communiantes se trouvait une enfant sourde-muette et aveugle. Une soeur, aidée par une des grandes sourdes muettes était parvenue par le toucher à éclairer son intelligence et à ouvrir son coeur, l’avait préparée au sacrement de pénitence, demeurant forcément son interprète pour le confesseur (...)

    La première fut Germaine Cambon. Une Soeur, aidée par une des sourdes-muettes plus âgées, apprit à l'enfant le langage des doigts. Les résultats de l'enseignement et de l'éducation morale et religieuse étaient consolants. Dans l'ouvrage de M. l'abbé Guillet, archiprêtre de Niort, Vie de M. Charles-Joseph Chantier de Larnay, p. 490-491, nous ayons trouvé consignées les particularités suivantes. Elles regardent la première communion de la petite Germaine.

    "Nous avions le bonheur de dire cette messe de première communion ! Notre allocution, que nous étions obligé de mimer, pour les sourdes-muettes, en la parlant pour les aveugles, fut traduite au moyen du toucher par la sourde-muette, à sa compagne sourde-muette et aveugle, qui dit ensuite à part soi, sur l'avertissement qu'on lui en donna, les actes avant la communion, comme aussi ceux d'après.

    Une Soeur, au sortir de l'église, lui ayant fait cette question : "Notre-Seigneur, que t'a-t-il dit dans la communion ?" elle répondit aussitôt par les signes : "Ah ! Il ne m'a rien dit ; mais moi je Lui ai parlé beaucoup, beaucoup ; je Lui ai expliqué beaucoup de choses." La chère enfant ne put pas déjeuner. "Je ne puis pas manger, disait-elle ; mon coeur est trop plein." Les jours suivants, notre petite Germaine, c'est le prénom de l'enfant, ne cessait de répéter : "Je voudrais déjà mourir, je m'ennuie de la vie ; j'avais demandé à Jésus de mourir le jour de ma première communion."

    L'ennui de la vie dans cette enfant, on le comprend bien, n'était pas causé par le sentiment qu'elle pouvait avoir de sa triple infirmité."

    On ne sait pas grand chose d’autre de Germaine Cambon. Elle meurt en 1877 après avoir été la première sourde-aveugle éduquée par Sœur Sainte-Médulle.

     

    source : "Langue des signes et surdicécité : Les sourds aveugles à Poitiers. Une histoire, une langue, une communauté. Mémoire de maîtrise de sciences du langage. (2000) et "Une âme en prison", 1904